Photographe
Naturaliste
Est un de mes meilleurs amis, qui m'a donné le virus de la photographie animalière. C'est un grand passionné, à la recherche des ambiances et des lumières de la Sologne.
www.instantsdesologne.frComment t'es venue cette passion pour la photographie naturaliste ?
C'est surtout mon grand-père qui m'a transmis le virus de la nature et l'amour de la Sologne. Depuis tout jeune, j'ai passé la plupart de mes vacances et de mes week-ends, au milieu des bois à la recherche de ces rencontres furtives, de ces instants de Sologne. Chevreuils, sangliers, biches et surtout cerfs, leur moindre rencontre était pour moi un grand plaisir. J'adorais l'ambiance matinale des étangs ou encore les rayons du soleil perçant à travers les branches des arbres. A l'âge de 15 ans, j'ai dû m'éloigner quelque peu de ma Sologne natale, n'y revenant que trop rarement à mon goût. Et c'est pour pouvoir emporter avec moi ces paysages qui me manquaient tant, que je me suis mis à la photographie. Parcourant alors les bois toujours muni d'un appareil, j'ai réalisé que je pouvais également en profiter pour garder une trace de ces rencontres toujours trop brèves avec ses occupants. Et là, le virus de la chasse photo m'a pris de suite. Depuis, l'excitation de l'approche ou de l'affût et surtout le bonheur de me fondre dans la nature sont une drogue dont je ne peux me passer.
Tu es un grand amoureux du cerf, pourquoi cet animal te fascine tant ?
Il me fascine car, avant tout, mes rencontres avec cet animal restent rares. Je sais où trouver des biches, des chevreuils et même des sangliers. En revanche les cerfs restent eux insaisissables. Hormis à la période du brame et en fin de repousse des bois, ils sont très difficiles à voir et encore plus à photographier. Toujours dans des lieux reculés, ne sortant quasiment que la nuit, leur mode de vie est très difficile à cerner. Leur rencontre est donc, à chaque fois, une immense émotion... à tel point qu'il m'arrive de rater l'occasion d'en tirer le portrait. C'est surtout dans l'espoir de croiser ce roi de la forêt que j'arpente tant les bois, les plaines et les étangs.
Quelle image aimerais-tu réaliser ? Peux-tu nous la décrire ?
En ce moment, je suis très attiré par des images de mammifères au bord de l'eau, traversant une rivière, en contrejour ou au soleil couchant. Mais ce que j'aimerais saisir avant tout, ce sont des attitudes qui sortent de l'ordinaire ou encore une silhouette dans un rai de lumière, en gros : faire une photo que tu regardes en faisant Waouuh!!!!!!!! Une photo dont je sois vraiment fier.
Je suis sûr que tu dois avoir plein de souvenirs insolites. Aimerais-tu en partager un avec nous ?
Bien sûr. C'était au début du printemps, je longeais un de mes étangs préféré, marchant sur la chaussée, pris dans mes pensées, je n'ai pas vu le sanglier qui venait à ma rencontre et qui trottinait gentiment le long des roseaux en contrebas du chemin que j'empruntais. Il ne m'a pas vu non plus et fut tout aussi surpris que moi quand nous nous sommes trouvé quasiment nez à nez. Je n'ai pas eu le temps de le photographier, il est parti en courant à travers les roseaux en queue d'étang. J'ai donc continué mon chemin vers la bonde. Mais à peine deux minutes après ces émotions, j'ai entendu quelque chose d'incroyable. Ca courrait de nouveau dans les roseaux en face de la berge où je me trouvais. Le sanglier avait, en fait, longé une partie de l'étang et, fait d'un coup demi-tour pour se rediriger vers l'endroit d'où il venait lors de notre rencontre. Sauf que cette fois, il a pris le chemin le plus direct : à travers l'eau. Je le vis donc sortir des roseaux et se diriger tout droit vers moi, en nageant!!!! J'ai donc eu tout le loisir de le prendre en photos. Lorsqu'il sortit de l'eau et grimpa sur la berge, il était encore tout ahuri de me revoir à nouveau et s'échappa pour de bon.
Lorsque tu réalises une photo, à quoi penses-tu ?
A rien je crois. En tout cas j'oublie souvent à ce moment les bases techniques de la photo, trop pris par l'émotion de l'instant.
Tu arpentes la forêt de Sologne et celle de Rambouillet, qu'elles sont leurs différences et leurs points communs ? Dans laquelle te sents-tu le mieux ?
Beaucoup de paysages forestiers sont communs à ces deux territoires, en particulier au niveau des fougères et des conifères typiques de ces mêmes sols sablonneux. Mais chacune a des avantages que l'autre n'a pas. La forêt de Rambouillet est une succession de petite vallée très pittoresque tandis que celle de Sologne offre de nombreux étangs et rivière agrémentés de Landes de bruyère, de genêts et de bremailles. Pour ce qui est de ma préférence, c'est difficile à dire car la Sologne reste mon territoire "natal" mais je m'y sens beaucoup moins libre car, tout y est privé et entièrement tourné vers la chasse, tandis que la forêt de Rambouillet offre un espace gigantesque entièrement accessible. Questions animaux, si on connaît bien les coins, les deux se valent. En tout cas, les deux représentent pour moi des souvenirs inoubliables et d'autres à venir j'espère.
Dernière question, quel photographe aimerais-tu voir un jour comme invité dans instants furtifs ?
Quelqu'un de très discret mais dont la beauté de ses images est à la hauteur de son humilité et du secret bien gardé de ses affûts, tu vois de qui je parle...
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